L’aspect psychologique du poker

Le Poker, au-delà d’un jeu de chance, c’est un jeu de rôle. Bluffer, dissimuler ses émotions, faire croire à une bonne main… Au poker, vous êtes tant joueur qu’acteur. Et c’est bien connu, avant de monter sur scène ou de tourner, un comédien répète son texte des mois à l’avance. Irrémédiablement, la répétition, l’entraînement, devrait avoir un effet tout aussi bénéfique sur un joueur de poker que sur un acteur. Ils sont l’exemple parfait pour démontrer les bienfaits de l’essai avant l’acte pour un joueur.

Le poker : Un jeu qui vous veut du bien

News et actualités du monde du poker en ligne et du poker de tournoi Pourquoi le comédien doit il répéter à fond sa scène avant un tournage ou une pièce ?
Et bien paradoxalement, c’est pour avoir l’air le plus naturel possible. A force de répétition, l’acteur ancre le texte et les indications scéniques dans sa mémoire à long terme.
De ce fait, lors de son interprétation, il n’hésitera pas, les mots s’enchaineront sans avoir à réfléchir à ” qu’est ce qu’il y a ensuite.. “.

Comment ce phénomène de la mémoire peut il s’appliquer au joueur de Poker ? Le but des joueurs autour d’une table, c’est de ne pas laisser transparaître ses émotions : le plaisir d’une bonne main, la déception d’une moins bonne, la tension qu’implique une grosse mise… Le bon joueur se doit aussi de ne pas laisser à l’adversaire l’occasion d’avoir une idée de la stratégie qu’il adopte, pour pouvoir ainsi bluffer ou distiller de faux tell (un tell, c’est une indication donnée inconsciemment par le joueur, qui traduit son état d’esprit du moment) sans éveiller les soupçons.
Plus concrètement, pourquoi un joueur doit il s’entraîner ?

S’exercer, pour un air assuré et plus de courage.

Petite mise en situation. Vous êtes assis à la table de jeu pour une partie très importante. Votre lecture du jeu vous assure 70% de chance de remporter le pot, qui est énorme, et votre instinct vous pousse à suivre. L’enjeu est risqué, c’est un tournoi important, mais si vous vous couchez maintenant, vous perdez de l’argent et verrez le pot vous passer sous le nez. Pourtant, vous hésitez, vous avez peut-être mal anticipé la main de votre adversaire…
L’entraînement permet non seulement d’apprendre à gérer son stress face à une décision importante à prendre (call, raise, all in…), mais il améliore aussi votre lecture du jeu. En s’entrainant, le joueur « se fait la main », et quand on maîtrise un jeu, on ne peut que jouer d’un pas décidé qui bluffera l’adversaire. Vous aurez alors un assez bon niveau pour faire le bon choix de jeu face à des situations que vous connaissez, grâce à l’exercice du jeu avant les grosses parties.
Un joueur qui s’entraîne peu vous rappellera sans difficulté la meilleure de ses mains et les conditions dans lesquelles il l’a eu si vous le lui demandez. Seulement, si une situation en tout point identique venait à réapparaitre, elle ne marquerait pas sa mémoire comme la première fois. Avec l’entraînement, le nombre de parties jouées augmentant, les mains auparavant exceptionnelles deviendront quasiment une habitude. Ainsi, lors d’un tournoi important, même si la main est d’or, rien ne transparaîtra, c’est une situation que vous maîtriserez. Vous avez confiance en vous certes, mais les plus grands joueurs de poker vous dirons que même des années et des années d’entrainement n’enlèveront rien à la tension qui règne autour d’une de table de jeu, et qui fait tout le charme du poker.

S’entraîner, pour mieux maîtriser ses émotions

Comme chacun sait, un joueur de poker se doit de contrôler ses mimiques, d’éviter les « tells » inconscients, et ainsi empêcher l’adversaire de lire à travers vos expressions. L’entraînement, nous l’avons vu, vous apporte la confiance nécessaire pour faire le bon move, mais il vous permet aussi d’avoir cette maîtrise de vous-même, et de supprimer ces tics qui trahiraient le meilleur des bluffeurs (regard fuyant, sudation, mains qui tremblent…).
Avec une telle maîtrise de soi, le bluff ne peut qu’être plus crédible. Un joueur qui à l’air sûr de lui peut influencer la lecture de l’adversaire dans le mauvais sens. C’est pourquoi l’entraînement est bénéfique, il vous entraîne à créer de fausses émotions, des faux tells qui induiront les autres en erreur. Bluffer, c’est s’assurer que personne ne suivra, donc se donner plus de chances de remporter le pot.

En plus de ça, le joueur en s’entrainant apprend à gérer son timing. L’exercice habitue à jouer sous la pression qui augmente à la vue d’un pot dont le montant explose. A force de s’exercer, il faut adapter un temps fixe de réflexion. Si vous prenez 30 secondes de temps avant de checker, raiser, folder ou faire tapis, et ce tout au long de la partie, malgré la pression qui s’accroit, l’adversaire ne saura traduire ce temps d’attente, élément important dans la lecture du jeu de l’autre.

Il peut paraître futile de croire que jouer à répétition à des tournois de sit’n’go à 5$ peut préparer à des tournois d’envergure tels que les WSOP. C’est pourtant le cas, nous l’avons vu, à condition bien sûr de prendre ces « petites » parties au sérieux. Peu importe la mise, le poker reste de toute façon un jeu de tension, où le sang froid du joueur est mis à l’épreuve. C’est en prenant ces parties au sérieux, en y mettant votre « a game » (c’est-à-dire la meilleure des qualités de jeux d’un joueur en particulier), que vous serez à la hauteur des meilleurs joueurs des WSOP. Sans quoi, l’entraînement serait en effet inefficace. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.