La Floride s’apprête à revoir sa position face au Poker

Depuis quelques années déjà, le poker est bien trop souvent sujet à controverse. Il est le centre de multiples débats judiciaires et autres, notamment aux Etats-Unis, le pays berceau de son expansion. Comme chacun sait, chaque Etat des Etats-Unis d’Amérique adopte des lois différentes, et peut prendre sa propre position par rapport à un problème. En ce qui concerne le poker, chaque Etat prend petit à petit des mesures, restrictives ou plus permissives envers le jeu. Aux derniers dires, ce serait au tour de la Floride de décider à présent de l’avenir du Poker en son enceinte.


La Floride et le poker

La Floride adopte depuis toujours une position plutôt laxiste en ce qui concerne une partie des jeux d’argent, notamment le poker. Les règlementations adoptées par le Sunshine state satisfont les joueurs de toute part, la Floride est pour eux l’un des Etats « providence » en ce qui concerne la liberté de jouer. Auparavant déjà, les tournois étaient permis sur le territoire, sous la seule condition de limiter le buy-in à 100 $. De moins en moins d’État font preuve d’un tel libéralisme envers le poker, et la Floride à tout intérêt à continuer sur cette voie si elle veut rester « l’État providence » des joueurs de cartes. Avec l’engouement qu’il provoque, le poker est un secteur intéressant pour la Floride.

En allégeant encore les restrictions que la péninsule impose au jeu, le poker, qui est une véritable industrie, s’en verra développé et libéralisé. Une ambition économique fort intéressante pour la Floride, qui lui permettrait de combler le déficit budgétaire qui l’handicape dans son développement.

Que la Floride allège ces restrictions serait donc d’un double intérêt. D’une part pour offrir aux amateurs de poker une liberté de jouer plus juste, et ainsi, avec leur venue, améliorer l’économie de l’État.

Les détracteurs du poker gardent bien sûr sous le manteau un argument qui fait sans cesse foi : si le jeu est limité dans la somme qu’il induit, l’addiction et la dépendance seront-elles aussi limitées. Inversement, s’il n’y a pas de limitation, il n’y aura plus aucun contrôle sur la possible addiction que peuvent impliquer les jeux d’argents tel le poker.

Pourquoi dans ce cas vouloir alléger ces restrictions, notamment celle qui limite le buy-in à 100$ ? Tous les joueurs expérimentés vous le diront, ce sont des mesures qui nuisent au jeu, à la satisfaction que le bon déroulement d’une partie peut apporter, sans encombre ; ce qui, contrairement aux dires des détracteurs, est le cas dans la majorité des parties, à grosse ou petite mise. Ces mesures de type restriction du buy in réduisent considérablement l’intérêt du jeu. Une partie à 1, 2, même 10$, où le joueur ne peut jouer que jusqu’à 100 $ sera terminée, la plupart du temps, en quelques minutes. D’autant plus s’il s’agit d’une partie de Texas Hold’em Poker, qui pourrait se terminer en une seule main. Avec une possibilité de jeu si limitée, il est impossible pour le joueur d’élaborer une partie intéressante, et le risque encouru est qu’il se permette de prendre des risques, le montant en jeu étant peu important. Cependant, de parties en parties, la somme perdue augmente. C’est là que se créée l’addiction.

Nous l’avons vu, au-delà du fait de préserver l’intérêt du jeu, c’est un intérêt économique que voit la Floride à travers la libéralisation du Poker. Pour lutter contre la crise actuelle qui n’épargne personne, la péninsule ne peut plus se contenter de ses paysages paradisiaques (Miami Beach, les Keys, l’Ocala National Forest…) pour attirer le tourisme en son sein. Le gouvernement de Floride à une vision bien spécifique du Poker. En allégeant les restrictions qui lui sont imposées, le Sunshine State espère devenir un des piliers des jeux d’argent aux Etats-Unis, et, pourquoi pas devancer le leader de toujours : Las Vegas. Ce serait en tout cas un excellent moyen de relancer l’économie de l’Etat.

La Floride dispose de plus d’un atout juridique qui aura du poids dans les débats : Vanessa Rousso. Surnommée Lady Maverick, la belle s’est fait un nom dans le monde du poker depuis quelques années, notamment en terminant dans les dix premiers joueurs du World Poker Tour Championship de 2006. Enfant du pays, Vanessa Rousso pourra plaider en faveur de la libéralisation du jeu en Floride.

Au-delà de celles qui améliorent la qualité de jeu et qui peuvent relancer le tourisme en Floride, il est des mesures qui peuvent nuire encore à l’image du poker. Parmi celles-ci, l’Etat compte réduire l’âge minimum d’accès au Casino à 18 ans, au lieu de 21 ans. Une décision qui ne fera que donner de quoi faire aux détracteurs du poker légal. Ajoutées aux récents faits dramatiques qui touchent le poker (notamment une bagarre à la suite d’une partie qui a couté la vie d’un homme), certaines mesures prises par la Floride pourraient jouer en défaveur du poker. Ce sont des points que les détracteurs pourraient mettre en avant pour restreindre encore la liberté de jouer.

Revoir sa position face au Poker serait donc, pour la Floride, un atout économique important, cela relancerait le tourisme et attirerait les joueurs de tout horizon. De plus, ces mêmes joueurs y trouveront eux aussi leur compte. Un jeu libéralisé est un jeu plus intéressant, plus long et donc plus facile à déjouer en sa faveur. A l’inverse, un jeu restrictif implique des prises de risque inutiles et des parties sans intérêt. Il y a cependant des modifications que la Floride risque d’effectuer qui seraient défavorables au jeu. En effet, certaines mesures négatives donneraient aux détracteurs du poker de quoi discréditer le jeu.